Produit au goût discutable, musique débile et campagne marketing « créatives » restent la combine habituelle pour lancer l’éternel tube de l’été. En clair, que vous le vouliez ou non, vos oreilles vont saigner.

Instant consternation… J’étais tranquille, j’étais peinard à glander sur facebook le plus innocemment du monde, quand soudain, c’est le drame! Un post du site Konbini attire mon regard. Le titre? Tube de l’été : « Y’a du goût » L’ode au soda.

Intrigué, je clique en pensant à haute voix : « Qu’est ce que c’est que cette merde? » La vidéo se lance, c’est la débâcle. Des mecs de quartiers (en parfaits petits soldats de la société de consommation) vantent en musique les mérites d’une boisson sucrée archi connue. Le clip n’est qu’une pub déguisée et les paroles sont d’une simplicité enfantine :

Le cousin de Coca, c’est Fanta
Le cousin de Coca, c’est Fanta
Le cousin de Coca, c’est Fanta
Le cousin de Coca, c’est Fanta

Y’a du goût, Coca Zéro (etc.)

Objectivement, qui écouterait ça au casque ou dans sa caisse? Aucune personne sensée a priori. Et pourtant! Ne jamais sous estimer la connerie humaine alors attendez vous à être surpris! A l’heure où j’écris cette bafouille, 72 000 malheureux ont déjà subi sur youtube cet enfer visuel et auditif. A ce tarif, on peut se permettre d’envisager l’éventuelle existence d’un châtiment divin, c’est pas possible autrement.

Sans surprise, le truc est survendu comme étant le tube de l’été par Konbini dans un publi rédactionnel expédié plus vite qu’un télégramme. Je cite :« La première fois que j’ai entendu « Y’a du goût », j’ai été pris d’une intense envie de descendre à l’épicerie me choper une cannette dea Fanta Orange. » Ah oui quand même… On voudrait prendre le lecteur/consommateur pour un débile qu’on ne s’y prendrait pas autrement, sérieux.

Fermez les yeux et imaginez deux secondes la réunion regroupant la fine équipe de commerciaux dépassés et de marketeux ayant validé cette crotte.

Edouard-Jules : « Bon, bibiche, pour notre opé de cette été, il faut que l’on rende le Fanta plus Hype et pousser les gamins des quartiers à se gaver de cette boisson! Des idées? »

Philomène : « Pourquoi ne pas faire un titre avec un groupe d’afro trap? C’est le style qui marche en ce moment. Mes gosses en sont dingues! On leur pond un refrain facile à retenir, les artistes agitent des cannettes de fanta et le tour est joué, non? » Rires dans la salles.

Edouard-Jules : « Bravo Philomène! C’est du tout cuit! Les médias sociaux feront le reste. Ca se propagera comme une trainée de poudre. »

En fait, je ne sais pas ce qui est le plus gênant dans cette histoire? Le fait que des artistes acceptent de s’afficher dans ce genre de campagnes foireuses (et orientées) frisant le niveau zéro du point de vue créatif, ou les marketeux imbus d’eux même pensant avoir bouclé l’opération marketing de l’année?
La réponse à cette question est évidente : les deux mon capitaine!
Premièrement Le Moula Gang rejoint la longue tradition des artistes enthousiastes et sautillants valorisant la malbouffe (ici le diabète qui touche une proportion de plus en plus inquiétante de la population) contre quelques euros et une gloire éphémère sur Youtube (konbini en média visionnaire leur prédit le million de vues, c’est dire!).

Deuxièmement, C’est du pain béni ce genre de campagnes. Tout marketeux qui se respecte vous le dira. Les grands comptes sont souvent aptes à accepter les campagnes les plus débiles qui soient. C’est un fait, les gens sont cons et ils en redemandent parait il. Je ne me risquerais pas à dire que plus c’est gros plus ça marche, mais on est pas loin. L’abrutissement des masses est leur quotidien et le discours prédigéré est érigé en valeur sacro sainte. Beau boulot les gars!

Finalement, rien d’encourageant dans ce game, et ce n’est pas prêt de changer. Mais parfois je reviens à la raison, rassurez-vous. Ca serait tout de même dommage de me rendre malade pour des conneries pareilles, hein. Car il me revient à l’esprit que nous vivons dans un monde merveilleux et juste glorifiant le style claquette-chaussette, Despacito et les pantalons de survet moulants. Du coup je ferme ma gueule et je termine ma valise, adieu!

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