Ouvert depuis le 2 aout, L’aerosol, nouvel espace pluridisciplinaire dédié aux cultures urbaines fait bonne presse. N’y ayant pas encore mis les pieds, je me décide à y aller faire un tour et voir de quoi il retourne.

Les médias ne tarissent pas d’éloges vis à vis de cette initiative parrainée par le SCNF. En effet, l’agence de transport ferroviaire (dont l’antagonisme avec la scène graffiti est de notoriété publique) met à disposition des graffiti artists un entrepôt désaffecté afin que ces derniers puissent s’exprimer librement. L’initiative a de quoi surprendre, mais la SNCF n’est pas à une contradiction prêt.
Longeant la voie ferrée, le spot, situé rue de l’Evangile dans le 18ème arrondissement, prend des allures de lieu branché. L’ancien entrepôt abandonné, s’improvise spot ultra tendance à la berlinoise : food trucks, bars, Dj, salon de tatouage, bomb shop, salle d’expo et son baby foot. Le tout au même endroit…

Sur place, c’est assez familial. Des gamines font des selfies devant des graffs, des pères de familles font la queue au stand de bombe de peinture afin que leur descendance s’amuse à écrire leur prénoms par dessus des œuvres déjà présentes sur les murs. Beaucoup de monde en terrasse aussi. Ca papote en buvant de la bière, ça fume des clopes, ça déambule… Sur le coté, deux gamins s’activent à faire un lettrage à la va vite comme s’ils étaient en mode « vandal ». Ca m’a fait sourire. Bref, tout le monde veut sa part de cool, tout le monde veut en être!
Ce lieu permet à tout un chacun d’endosser le rôle du graffiti artist le temps d’un après midi. A l’heure de la réalité virtuelle, on peut être qui on veut désormais, non? Cela tombe bien, une installation dédiée y ai présente. Vous avez la possibilité de faire du graffiti virtuel à l’aide d’un équipement dédié et de repartir avec un print de votre œuvre.

Mais concrètement, à quoi servent ce genre d’initiatives? Faire connaitre au grand public la culture graffiti? Créer un spot branché? Booster la visibilité d’artistes émergents?

L'Aerosol

Quel est le but d’un tel projet?
C’est la tendance ces temps ci, les lieux et événements dédiés au street art sont de plus en plus nombreux. Dénigré hier, encensé aujourd’hui, ce courant artistique continue de déchainer les passions et d’attirer les curieux. Il y a les pour et les contre. Les passionnés, les curieux. Les chercheurs d’or et les vendeurs de pelles. Bref, tout ce beau monde s’y retrouve. Ou pas. Mais concrètement, à quoi servent ce genre d’initiatives? Faire (encore) connaitre au grand public la culture graffiti? Créer un spot branché? Booster hypothétiquement la visibilité d’artistes émergents?
Les réponses sont dans les questions. Même si la motivation principale est avant tout marketing. Cette opération, car c’est de cela qu’il s’agit,  profitera avant tout à la SNCF ainsi qu’à l’asso Maquis-Art qui assure la direction artistique du projet, de tirer son épingle du jeu. Notons la présence du controversé collectionneur commissaire d’expo, accessoirement « story-teller » Alain dominique Gallizia. Ce dernier y expose une collection conséquente de toiles de Dondi, Banksy, invader ou Fairey entre autres. Pour accéder à l’espace musée vous coutera 5 euros.

C’est pour qui?
Le lieu est finalement conçu pour les curieux en quête du dernier spot « cool » au sein duquel il est possible de rester glander entre potes ou en famille. Les apprentis graffiti artists frileux de se frotter à des spots plus tendus y trouveront aussi leur compte. Bref, l’initiative s’inscrit dans la tendance actuelle: un mélange des genres aseptisé et grand public afin de rendre l’initiative rentable. Pourquoi pas? Ceci dit, certains acteurs de la scène graffiti seront sans doute un peu gênés par le coté kermesse régnant en ce lieu. Quoique…

Plus d’infos : http://www.laerosol.fr/

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