Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur un article qui m’a fait froid dans le dos.
Non, il ne s’agissait ni de morts ni de coup d’état foireux, ni de foot et encore moins de Brexit, mais de « street-art » de son économie gangrenée et du (non) respect dû aux artistes qui va avec…

Je suis loin d’être fan du « street art », moi j’aime le graffiti avec des lettres, avec des coulures, celui qui est fait au culot, qui n’est pas fait pour plaire mais pour flatter son égo, celui dont la durée de vie est éphémère, celui qui  ne demande pas la permission, celui qui ne rapporte rien (à part un peu de fame et des emmerdes)…

Malgré mon désamour pour le stritarte, je dois reconnaitre avoir été choqué par cet article : Le fabuleux destin de Mehdi Ben Cheikh, pape du street art !.
J’y ai découvert que le street art a un pape et donc une hiérarchie, j’y ai lu que leur suprême leader est un ancien étudiant d’art plastique qui a décidé de faire sa carrière sur le dos de ses petits camarades plutôt que de lui même produire ses oeuvres.
Pour résumer le tout, un néo-galleriste avec un carnet d’adresses va voir un maire et lui propose à moindre frais de repeindre son quartier et de lui donner de l’exposition et de la visibilité médiatique… Le maire (du XIIIe arrondissement) accepte, on ne peut pas vraiment lui reprocher de faire plaisir à ses administrés pour presque rien, il aurait eu tort de refuser.

Ce qui m’a surpris dans cet article c’est ce passage:

leur faire peindre gratuitement (!), perchés dans des nacelles de chantier, leurs oeuvres sur les plus grands murs de l’arrondissement. « Faut pas déc…, sourit Mehdi. Pour un artiste, c’est énorme d’avoir un mur à Paris ! »

Je viens donc d’apprendre qu’on peut faire travailler un artiste gratuitement parce que ça lui donne de la visibilité…
La prochaine fois que je ferai venir un plombier chez moi, je lui dirai que je ne le paye pas mais comme je reçois beaucoup de monde chez moi, je lui ferai une super pub… il va adorer.

Cet article m’a fait penser au blog « Mon maçon était illustrateur » qui dénonce le manque de respect fait aux professions graphiques et le manque de considération de la profession, en projetant les habitudes des « clients » à une autre profession.
Cette illustration résume tout ce qui me dérange dans cet article :

Par  contre, je refuse de tirer uniquement sur Mehdi Ben Cheikh que je ne connais pas (mais dont on m’a dit humainement du bien), et je voudrais aussi mettre dans le même sac tous les artistes qui en échange d’un peu de fame ont préféré baisser leur pantalon, et par là même scier la branche sur laquelle ils sont (tous) assis.
Si certains ont pu travailler à l’œil, pourquoi rémunérer les autres ?

Vous avez aimé? Faites tourner!

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