Paps Touré, ça faisait un moment que je voulais le croiser pour une interview. J’ai entendu parlé de lui pour la première fois lors de la sortie de son premier livre. Aujourd’hui les choses avancent plutôt bien pour lui. Et c’est lors de son expo au plein cœur de paris qu’il nous reçoit pour un petit entretien.

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux tu te présenter?

Bonjour, je m’appelle Paps, j’ai grandi dans le 19eme arrondissement, à Danube. Je suis photographe.

Comment es tu venu à la photo?

C’est un peu un concours de circonstance. Je me suis mis à la photo par rapport à mes chiens. Je les prenais beaucoup en photo. Ensuite au gré de mes balades je photographiais les gens dans la rue et j’ai été très étonné des clichés qui sortaient de mon appareil. Du coup j’ai décidé de continuer à en faire. Je me suis pris au jeu, du coups j’ai toujours un appareil avec moi.

La première fois que j’ai entendu parler de toi, c’est à la sortie de ton premier livre «Pas si simple». Qu’est ce qui a motivé la sortie de ce bouquin?

C’est partie d’un jeu en fait, j’ai posté un statut sur Facebook : «cherche éditeur pour mon premier livre.» J’ai eu trois éditeurs qui se sont présentés, en l’espace d’une heure. Il y en a un que j’ai rencontré, on a lancé le livre. Voilà comment le projet a vu le jour. J’ai été surpris moi même!

La photo de rue est très difficile et ça demande un certain culot parfois. As-tu dejà été confronté à des situations cocasses?

Non pas forcément parce que dans un premier temps les gens ne sont pas au courant que je les prends en photo. Ce sont des moments furtifs. Après une fois la photo prise, je vais voir les gens. Je n’ai jamais eu de soucis en fait. Je ne sais pas si c’est dû à mon apparence mais rien de majeur concernant les photos.

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Tu étais en Tanzanie il y a quelques mois. Comment s’est concrétisée cette escapade?

C’est un pur hasard, là aussi. Une amie à nous vit là bas et elle voulait qu’on lui rende visite. Comme je rêve d’y aller depuis que je suis petit, avec mon pote Julien on a décidé d’y aller. Une semaine après on avait nos billets. On s’est retrouvés en pleine savane pendant que les autres étaient au festival de Cannes nous on était dans les plaines.

Tu viens de sortir un livre, «WORLD». Tu nous en parle?

Et  bien c’est mon deuxième livre. Il regroupe à peu prêt 270 images, qui regroupent tous mes travaux. Entre mes photos de Paris, New York, Bangkok, Miami, Maroc, Tunisie… En fait c’est un document de voyages. Histoire de montrer ce que j’ai fait pendant quatre ans.

Comment prépares tu tes séries de photos?

Je ne prépare pas mes séries en fait. Je shoote à la volée, je n’ai pas de thème défini. Je prends les photos, je les classe et c’est là que le travail apparait. Ca se fait tout naturellement. Je ne me dis pas aujourd’hui, je vais prendre mon chien, demain un SDF… Non, je prends mes images et tous les mois je les classe.

Il y a surement des photographes qui t’ont inspiré, quels sont ils?

Il y en a un, principalement : Sébastien. Un mec avec qui j’ai commencé et qui m’a donné goût à la photo. On sortait nos chiens ensemble. Il m’avait conseillé de regarder entre autres le travail de Robert Doisneau. Ca m’a parlé, j’ai beaucoup apprécié. Mais en général je ne vais pas aux expos photo, je ne regarde pas le travail des autres photographes. Moi ce qui me plait vraiment c’est de descendre dans la rue et capturer des instants de vie… Aller en expos c’est pas trop mon truc, en plus la foule c’est pas trop mon truc donc j’essaies de rester loin de tout ça.

Tu es très présent sur les réseaux sociaux, notamment sur insta, où tu postes énormément de photos de ton quotidien avec humour et autodérision. Narcissique ou un as de la mise en scène?

(rires) c’est pas du narcissisme, c’est pas de la mise en scène. C’est juste la génération 2.0. On est dans une génération numérique. Ca va vite, c’est l’image. Donc les choses que je fais sur internet, à savoir mettre une photo de moi qui fais quelque chose que je ne ferai pas face à quelqu’un, parce que j’ai le bouclier de l’écran. Pour une personne timide comme moi, quand la timidité est poussée à son paroxysme ça fait des gens narcissiques. Tu étoffes des choses que tu ne ferais pas en vrai, quoi. Aujourd’hui avec internet, c’est la génération narcissique. Tout le monde est narcissique. Des fois je me tape des trips, pour rigoler mais ça reste jamais longtemeps.

Paris est ta principale source d’inspiration. Te verrais tu vivre et travailler ailleurs avec la même intensité?

Vivre et travailler, oui… Mais pas pour longtemps. Parce que moi je suis quand même parisien et Paris c’est ma ville, c’est chez moi. Je ne peux pas la quitter trop longtemps cette ville. Pas plus d’un mois sinon… Non, pour l’instant, non je ne peux pas.

Il y a quelques grandes villes qui t’ont fait tripper…

Ouais, New York bien sûr. Je me verrais bien vivre là bas, mais pas trop longtemps. Et puis il y a une grosse différence entre avoir envie d’y aller, d’y vivre et pouvoir y vivre, ce sont trois étapes différentes.

Tu développes également depuis un certain temps une ligne de vêtements. Tu peux nous en parler?

Ouais c’est une marque qui est à mon nom : Paps Touré. Donc j’essaies de sortir des slogans. En fait tout ce que je trouve marrant, j’essaies de le mettre sur T.Shirt. Pour moi c’est un moyen d’expression, de communication assez fun et qui permet de recentrer le travail mon travail photographique. C’st à dire que quelqu’un qui achète un de mes T.shirts, cherchera à savoir qui je suis et ce que je fais. C’est en tapant sur le net que le client apprend que je suis photographe. C’est un moyen détourné de communication. Les gens deviennent mon support publicitaire. Ils me payent pour me faire de la pub (rires)

La journée type de Paps Touré, elle se déroule comment?

Wow! C’est lever 7h, 7h30… Je file à la boulangerie, une tradition pas trop cuite, je passe chez Franprix me prendre une plaquette de beurre, je remonte chez moi, je me vais un chocolat chaud avec du lait sucré, je sors à 9h, je descends de Belleville jusqu’à Pont des Arts en vélo. Je prends des photos sur le trajet, ensuite je monte sur Saint Germain, Montparnasse, je shoote. Et en fonction de mes rendez-vous je me balade à vélo dans Paris. Mes journées débutent toujours comme ça, mais elles ne se terminent jamais pareil.

Des projets futures?

Mes projets en court, je n’en parle jamais avant qu’ils ne soient concrétisés. Mieux vaut faire les choses dans l’ombre et avancer.

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