Chaque vendredi, vivez désormais au rythme de la série exclusive WANKR ! A chaque chapitre, suivez les aventures d’André Williams, simple comptable qui se retrouve plongé au cœur d’une machination politico-industrio-écologique à l’échelle planétaire. Celui pour qui « la vie est un long fleuve tranquille » n’est pas seulement le titre d’un film, va se transformer malgré lui en acteur principal d’une histoire qui va bien au-delà de ce qu’il peut s’imaginer en regardant les séries télévisées américaines populaires de M6 qu’il affectionne tant. Confronté à la brutale réalité de morts en série et à la mystérieuse présence récurrente d’une bague marqué d’un chiffre romain, les questionnements d’André Williams vont se multiplier mêlant occultisme, sociétés secrètes, pouvoir et destinée de l’espèce humaine… C’est pourtant bien une vérité divine qui lui sera révélée au travers ses face à faces avec ceux qui pourraient s’avérer être les réels dirigeants du monde.

PROLOGUE

Toilettes de la Pyramide du Louvre.

Paris, France.

14 heures 30.

Il le voyait déjà. Un long tunnel sombre… avec au bout une lumière vive et aveuglante. Terriblement attirante et à la fois très angoissante. Un mélange de peur de l’inconnu et de soif de délivrance face à une souffrance trop forte. Cette souffrance que Takashi Uno n’arrivait plus à endurer désormais. Allongé au beau milieu des toilettes handicapés, sur ce carrelage blanc et froid, jaunit par une lumière blafarde, il se sentait oppressé. Non pas par ce douteux assemblage d’odeur de pisse et de vanille de synthèse, mais par son costume Cinofelli et ses chaussures Berluti, pourtant tellement parfaitement ajustés. Il ne savait plus très bien si la douleur était physique ou mentale. Son corps entier se dérobait et se crispait à la fois. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu’il était allongé, alors que sa montre, qui lui paraissait désormais peser cent fois son poids, lui indiquait que seulement dix minutes s’étaient écoulées depuis qu’il s’était écroulé là.

Il s’était tout simplement senti partir, comme foudroyé par un éclair divin.

Il tenta d’appeler à l’aide mais même sa langue était paralysée et seul un faible mugissement émana de son visage crispé. Lui qui se voyait, il y a deux jours encore, dans son bureau de Tokyo, hurler à ses comptables de passer au destructeur de documents tout ce que le département comptait de dossiers et d’écraser à coups de masse les disques de durs de l’ensemble des ordinateurs, dans un mouvement de frénésie globale digne d’une ruche d’abeilles attaquée par des frelons.

Comment en était-on arrivé là ?

Pourtant, malgré ce comble d’impuissance qui s’imposait à lui à ce moment précis, il se sentait serein. Comme libéré.

Il regarda la bague à son annulaire endolori en continuant de meugler tant bien que mal…. et il comprit. Elle scintillait plus que jamais. Celle qui l’avait amené si haut et si fort.

Harder, Better, Faster, Stronger.

Le morceau des Daft Punk qui était devenu son hymne à chaque grande signature de contrat résonnait dans les enceintes grésillantes des toilettes… comme un pied de nez, vu la situation.

Et le chiffre romain doré au milieu de la bague n’avait jamais autant pris son sens. VII. 7.

Qu’allait-il advenir des six autres ?

C’est à l’instant précis où cette question lui traversa l’esprit que la porte des toilettes s’ouvrit enfin. Pourtant, il sentit qu’il était trop tard. Malgré son dernier effort pour indiquer la bague à son vain sauveteur, la lumière de son cerveau s’éteignit comme une ampoule qui grille et le tunnel se referma sur lui.

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1.

C’est dans la salle d’attente de son dentiste qu’André Williams avait eu le déclic. Assis face à une vieille dame au sourire étrangement impeccable, étant donné l’endroit, il était une fois de plus perdu dans ses pensées. 2 écuyers moyenâgeux tentaient en vain d’arracher la dent cariée du palefrenier à l’aide d’une ficelle reliée à un cheval. Le tout sans succès mais sous le fou rire général de l’assistance. Une scène digne des ‘Visiteurs’, film qu’André avait adulé dans son adolescence, l’ayant vu dix-sept fois. Ceci expliquait d’ailleurs sûrement ses rêveries récurrentes d’un autre temps.

Réveillé par la sonnette et l’entrée d’un jeune rouquin aux cheveux longs en bataille et aux tâches de rousseur prononcées, André saisit machinalement un journal sur la table basse. En feuilletant les pages sans conviction et en repensant à ses écuyers d’un autre siècle, son attention fut attirée par un article perdu entre deux recettes de cuisine improbables et une page de pub pour un magnétiseur miraculeux. « Vacherie de lait ».

C’est ce jeu de mot du titre de l’article qu’il avait d’ailleurs sorti de sa torpeur et lui avait soutiré un petit rire nerveux- lui qui n’était jamais le dernier pour les blagues douteuses. Puis à la lecture même de l’article, son front se plissa et son regard lumineux se ferma, laissant présager une sorte d’inquiétude.

L’article, écrit de façon claire et concise, l’aspira littéralement dans une violente tourmente. Les faits et les vérités qui étaient énoncées au sujet du lait étaient tout simplement édifiants… et la conclusion sans appel : la consommation de produits laitiers est dangereuse pour l’adulte. « Affaiblissant notre organisme, déprimant notre système immunitaire, favorisant l’ostéoporose et la création par le corps humains de gaz toxiques comme l’hydrogène, le méthane ou le méthyle acétate… »

Effectivement, les chefs d’accusation ne manquaient pas !

Les produits laitiers étaient donc nos ennemis pour la vie ?

André était tout simplement stupéfait. Lui qui d’habitude prenait ce qu’il voyait à la télé pour argent comptant, n’en revenait pas de se retrouver à valider une telle hypothèse.

« Du lait ! Nom de dieu ! Ce produit si pur que l’on donne de la naissance à la mort ! Normalement, le lait est synonyme de vie !», s’était-il écrié intérieurement.

Son esprit se mit à échafauder toutes sortes de théories conspirationnistes loufoques mais fut immédiatement rappelé à la réalité par l’appel de monsieur Clément, le dentiste « Monsieur Williams ! C’est à vous ! ». « Drôle de nom pour un dentiste » se dit André. « Comme peut-il se nommer clément et exercer un métier qui procure tant de douleur ? Enfin cela valait mieux que de se faire arracher une dent par un écuyer » se dit-il, s’esclaffant à l’idée de son dentiste arborant une tenue de gueux du douzième siècle.

Mais en sortant du cabinet, avec le goût âpre et pourtant frais du détartrage qu’il venait de subir, André replongea de plus belles dans ses pensées lactées.

La veille, il avait bien songé à prendre sa journée, de peur que le dentiste ne lui annonce une carie invisible ou lui ôte sur le champ une dent de sagesse… Mais il s’était ravisé, au grand dam de sa légère hypocondrie, à la pensée du tas de dossier qu’il l’attendait à son cabinet à lui, celui de comptabilité.

Geek de la première heure, il s’était épris des chiffres dès son plus jeune âge, passant des heures devant « Des chiffres et des lettres », battant constamment ses propres records de vitesse au compte est bon. Sa mère y avait d’ailleurs vu un signe puisqu’elle l’avait inscrit en première G option compta, malgré une brève rébellion juvénile et quelques arguments, certes peu fondés, qu’il avait carrière à faire en tant que handballeur. Le temps passant, son empathie pour le confort et le moindre effort avait pris le dessus, et il s’était accommodé de ce don qui lui avait rapidement conféré aisance, abondance et légèreté d’esprit. Une route toute tracée pour cet enfant sans problème qui ne s’était jamais posé de questions, somme toute. Jusqu’à aujourd’hui !

Malgré son entrain habituel et la tâche qu’il l’attendait en ce bel après-midi de mai, il ne pouvait s’empêcher de repenser à cette histoire de lait. Il en toucha d’ailleurs deux mots à son collègue Jean-Pierre mais celui-ci comme à chaque fois qu’une question sérieuse était posée à l’office, avait fait mine de ne rien entendre et avait relancé la discussion sur l’incroyable ascension du club de foot d’Angers à la troisième place de la ligue 1. « raaaaaaaaah ! ».

C’était plus fort que lui. André devait en avoir le cœur net. Recroquevillé derrière l’écran de son ordinateur portable, il trouva en quelques minutes sur internet des dizaines de livres, de documentaires et d’articles sur le sujet. Tous étaient équivoques et confirmaient sa lecture du matin.

‘Lait, mensonges et propagande : les 10 maladies que l’industrie laitière vous cache’, ‘Le Danger du lait : des migraines aux maladies…’,’Enquête de santé : le lait potion ou poison’, ‘La face cachée du lait’, autant de gros titres qui ne faisaient plus aucun doute.

Il s’interrogea : pourquoi donc, s’il était établi de fait médical que les produits laitiers en général sont mauvais pour la santé de l’homme, autorisait-on des campagnes nationales prônant d’en consommer 3 fois par jour, en nous soutenant que cela nous fait du bien ? Pourquoi des professionnels de la santé tels que les nutritionnistes encourageaient-ils la consommation de ces produits si celle-ci pouvait se révéler dangereuse ?

Pourquoi, et surtout « qui », avait décidé de cette sorte d’empoisonnement collectif ?

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2 Réponses

  1. Fin de saison... | WANKR MAGAZINE

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